Voir toutes les actualités

ColisActiv’ : 17,4 millions de colis livrés à vélo cargo soutenus en cinq ans

28 mai 2026

Lancé en 2020, le programme ColisActiv’ s’est achevé le 31 décembre 2025. Il a permis de soutenir la livraison de 17,4 millions de colis à vélo cargo sur 22 territoires en France, en accompagnant plus de 300 acteurs économiques (105 opérateurs de cyclologistique et plus de 210 donneurs d’ordre). En cinq ans, il a contribué à faire de la cyclologistique un mode de livraison à part entière du dernier kilomètre.

Au lancement de ColisActiv’ en 2020, le vélo cargo restait marginal dans les livraisons du dernier kilomètre. Plus cher que le véhicule utilitaire léger tant que les volumes restaient faibles, il peinait à convaincre les donneurs d’ordre malgré ses atouts en zone urbaine dense. Le programme a fait le choix de cibler ce point de blocage économique en versant une prime sur chaque colis livré à vélo. Cinq ans plus tard, le bilan dépasse les objectifs fixés par la seconde convention du programme en juillet 2022 : 17,4 millions de colis soutenus contre 17 millions visés sur 22 territoires.

Des objectifs dépassés

Le programme a connu une montée en puissance progressive, passant de 155 000 colis soutenus en 2020 à plus de 5 millions par an en 2024 et 2025. Au total, 4,35 millions d’euros de primes ont été versés (4,05 millions d’euros par le programme et 300 000 euros par les territoires cofinanceurs). Afin d’éviter tout effet de dépendance, le montant des primes était dégressif au fil du temps. La prime moyenne par colis est ainsi passée de 0,39 € en 2020 à 0,14 € début 2026, sans que cette baisse ne se traduise par un recul des volumes. En moyenne sur la durée du programme, la prime n’a couvert que 8 % du coût des livraisons soutenues, un niveau d’aide suffisant pour faire basculer des arbitrages en faveur de la cyclologistique dans un secteur où chaque centime compte. 

Un impact environnemental significatif

À l’échelle du programme, ColisActiv’ a permis d’éviter un volume estimé à 21,7 millions de kilomètres de véhicules thermiques en ville, sur la base des 8,2 millions de kilomètres parcourus à vélo cargo par les opérateurs soutenus. Cela représente :

  • 11 500 tonnes de CO₂ évitées,
  • 4,3 millions de litres de carburant fossile économisés.

 Au-delà du CO₂, les livraisons à vélo cargo réduisent d’autres nuisances non quantifiées ici : congestion, particules fines, occupation de la voirie, risque accidentogène. Et ces chiffres ne reflètent que l’impact direct du programme : une large part des contrats noués entre opérateurs et donneurs d’ordre perdurent au-delà de la fin des primes et s’étendent à d’autres territoires.

Lyon et les grandes métropoles en tête, des dynamiques contrastées sur les villes intermédiaires

Les cinq premiers territoires (Lyon, Bordeaux, Toulouse, Grenoble et Angers) représentent à eux seuls 64 % des colis soutenus par ColisActiv’. Lyon se distingue nettement avec 4,7 millions de colis (27 % du total national), portée par la combinaison de la densité urbaine, d’une réglementation favorable et d’un tissu d’opérateurs particulièrement développé (19 opérateurs conventionnés). À l’inverse, sur les derniers territoires ayant rejoint le programme, comme Clermont-Ferrand, Perpignan ou Dunkerque, l’activité est restée plus modeste.

Ces cinq années de déploiement sur 22 territoires permettent de dégager des enseignements pour l’avenir. La cyclologistique se développe significativement lorsque deux conditions sont réunies : une densité de livraison suffisante et un avantage opérationnel à livrer à vélo cargo plutôt qu’en VUL (lié aux difficultés de circulation, d’accessibilité ou de stationnement). En l’absence de l’un ou l’autre, le programme peut soutenir des opérateurs existants, mais ne suffit pas à créer une dynamique de marché. 

Un changement de regard auprès des donneurs d’ordre

L’un des apports structurants du programme se situe au-delà des chiffres. Avant ColisActiv’, la plupart des grands donneurs d’ordre ne considéraient pas la cyclologistique comme une option sérieuse. Le programme leur a offert un cadre pour tester le vélo cargo à faible risque, avec un argument économique concret pour convaincre leurs sous-traitants historiquement en VUL mais aussi en interne. UPS a ainsi décidé, vers la fin du programme, de tester la cyclologistique sur chaque territoire où ColisActiv’ était présent. Des agences GLS ont pu quant à elles tester le vélo cargo grâce au soutien économique qu’apporte le programme. 

Un filet de sécurité pour les opérateurs

Le programme s’est déployé dans un contexte macroéconomique défavorable. Selon Altarès, 481 défaillances ont été enregistrées dans le transport de proximité au premier semestre 2024 (+27 % sur un an), et plusieurs opérateurs de cyclologistique ont cessé leur activité. Dans ce contexte, ColisActiv’ a joué un rôle qui n’avait pas été anticipé à sa conception : celui de filet de sécurité économique ou d’amortisseur de crises. D’autres opérateurs ont utilisé ce soutien pour investir dans du matériel ou diversifier leurs flux.

Une connaissance inédite du secteur

Au fil de cinq années, ColisActiv’ a constitué une base de connaissances inédite sur la cyclologistique en France : études territoriales sur 25 bassins de vie, cartographie des hubs, analyses de densité de livraison, indicateurs de performance, recueillis auprès d’acteurs économiques qui ne partagent pas naturellement ce type d’information. La Métropole de Lyon et l’Eurométropole de Strasbourg se sont ainsi appuyées sur les cartographies issues de la plateforme pour nourrir ses réflexions sur les aménagements cyclables et le déploiement de zones de stationnement.

Et après ?

Si le programme CEE s’achève, ColisActiv’ ne s’arrête pas pour autant. Plusieurs territoires (Metz, Lorient, Grenoble) ont choisi de poursuivre le dispositif sur leurs fonds propres. L’équipe SOFUB continue de proposer un accompagnement à de nouvelles collectivités (certaines envisageant un démarrage en 2027), et maintient une activité d’études territoriales. Elle capitalise par ailleurs sur l’expertise acquise pour lancer CertiLUD, un dispositif de labellisation des opérateurs basés sur l’usage de leur flotte. L’objectif est à la fois de les aider à mettre en avant leur engagement environnemental et de faciliter l’intégration d’ un critère de livraison durable dans les appels d’offres publics et privés ; un moyen aussi de ne plus faire rimer verdissement des flottes uniquement avec électrification du parc.

L’arrêt du programme intervient toutefois dans un moment de fragilité pour la cyclologistique. L’actualité rappelle pourtant à quel point il est nécessaire de réduire notre dépendance aux énergies fossiles importées. Au-delà de l’avantage opérationnel que peuvent donner au vélo cargo certains choix politiques en matière de circulation, de stationnement ou d’accessibilité, trois conditions apparaissent essentielles pour pérenniser le secteur :

  • un avantage donné aux entreprises recourant à la cyclologistique dans les appels d’offres,
  • un accès au foncier logistique en centre-ville,
  • un soutien à l’exploitation dans la durée, via le levier de la commande publique par exemple.

Pour aller plus loin
Consultez le bilan complet (à avenir) du programme ColisActiv’ ainsi que sa synthèse (à venir) en 10 pages.

© Douze cycles

Tenez-vous informé !

Inscrivez-vous à notre newsletter mensuelle pour suivre
les actualités du programme ColisActiv’
et celles de la cyclologistique.

Inscrivez-vous à notre newsletter mensuelle pour suivre les actualités du programme ColisActiv’ et celles de la cyclologistique.